Accent Grave

Élucubrations d'un promeneur solitaire.

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Nom : Accent Grave
Lieu : Beloeil, Québec, Canada

Allez savoir!

samedi, novembre 07, 2009

Absurdités...

Voici ce que j'ai noté dans mon calepin cette semaine:


Il est surprenant que l'abolition du registre des armes à feu soit une priorité, presqu'autant que de criminaliser l'avortement.


Les voisins de l'individu au lourd passé criminel et présumé assassin de Natasha Cournoyer le considéraient paisible et sans malice puisqu'il bricolait devant son logis et ramassait ses feuilles. Curieuses corrélations!


Des médias veulent faire d'une nouvelle le fait qu'un candidat défait à la chefferie de l'ADQ (c'est quoi ça?) démissionne. Ça méritait la Une!


Les médias semblent émerveillés devant le fait qu'on ait élaboré un système de tickets pour vacciner les gens. Le sens de l'émerveillement existe toujours. Et il aura fallu des mois à des milliers de fonctionnaires tant au fédéral qu'au provincial pour penser à ça, lors de la plus vaste campagne de vaccination jamais entreprise. Trouvez l'erreur.


À l'heure du lunch, nous discuttions de l'égoïsme, de l'illusoire complicité entre les hommes quand un pince-sans-rire affirma: à mon sens, un égoïste c'est quelqu'un qui ne pense pas à moi. Il a fallu un instant avant de nous esclaffer. Cette absurdité avait l'avantage dêtre drôle!


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samedi, octobre 24, 2009

Fait vécu

Réunis à un repas, deux sœurs et un frère, des gens assez âgés, discuttent.


- Chose certaine, je n’irai pas me faire vacciner contre cette foutue grippe.

- T'as raison, le docteur Laberge l’a dit à la radio, c’est une grippe comme une autre.

- Ce vaccin n’a pas été testé. Il pourrait s’avérer mauvais pour la santé.

- Ça c’est certain, on ne connait pas ses effets secondaires.

- Pleinement d’accord, c’est le vaccin qui nous tuera!


Et nos comparses, mettent leur manteau, sortent dehors à la pluie, c’est l’heure de la cigarette!


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dimanche, octobre 04, 2009

Perdu dans l'espace

Je ne savais pas trop quoi penser du cosmo-clown Laliberté. Je n'ai jamais aimé le personnage admiratif de lui-même et son besoin d’être admis parmi les m’as-tu-vu de la Terre qu’il invitait à ses party privés de St-Bruno lors des Grands Prix de Montréal.

J'ai l'impression qu'il est de ces gens pour qui la réussite équivaut à la popularité, à la richesse ($$$). Avec son argent, il « démontre » sa générosité en fondant un mouvement pour l'eau (sic) alors que dans mon esprit, lorsqu’on détient une telle richesse, ce n’est pas une option que de servir le bien commun mais une obligation. Une telle richesse ne peut appartenir à une seule personne.

... dans cette veine, cette escapade dans l'espace ressemble à une gâterie (comme la F1) contre-nature face à sa fondation écologique. Pensez à l'énergie nécessaire pour se détacher de la force gravitationnelle. Ces prouesses technologiques doivent servir autre chose que la réalisation d’un caprice. Je me suis fait une idée, à mes yeux, il s’agit d’un simple caprice.

Je suis un admirateur inconditionnel de la recherche et de l’exploration spatiale. Je m’y intéresse depuis toujours sauf que je ne vois aucun rapport avec sa présence là-haut. Tant de scientifiques, tant de chercheurs sérieux auraient souhaité être à sa place sauf que ces gens ne sont pas riches.

Peut-être pourrez-vous influencer ma perception. Je sais, il s’agit de « son » argent et qui suis-je pour décider de ce qu’il doit faire de sa fortune et puis, donner avec ostentation c’est mieux que de ne pas donner du tout. De plus, il finance une toute petite part de cette exploration spatiale que je favorise. Peut-être est-ce une bonne idée que des gens, autres que des scientifiques, participent à cette grande aventure. Vous pourriez aussi me dire que ceux qui parcouraient la Terre à la recherche de nouveaux continents étaient aussi à la recherche de richesses personnelles et de notoriété. Hélas, quelque chose en moi combat cet argumentaire, je tique.

Pour l'instant, ce clown m’attriste. Je ne suis pas de ces gens incapables de s’émerveiller de l’essentiel, de ceux qui ont besoin qu’un milliardaire porte momentanément un nez rouge et leur dise «voyez comme c’est beau la Terre». D’autres l’ont dit et le fait qu’il ait accumulé plus d’argent que les autres dans son compte bancaire n’ajoute aucun poids à ses propos. Je ne suis pas un catho faisant semblant de détester l'argent, mais un clown milliardaire qui paie 35M$ pour réserver un siège dans l’espace, ça ressemble à un début de capitalisme spatial, un début de pollution spatiale, un gaspillage de tradition terrienne. Tant qu'à envoyer un clown riche, pourquoi ne pas avoir pensé à Ronald McDonald. Je l'imagine à califourchon sur le bras « Canada ». Tant qu'à faire de la pub! Et puis, dans la station, il pourrait y avoir un McDo.

J'ai l'impression que lui-même se questionne (tout n’est pas perdu) et tentera de justifier sa dépense en organisant un pseudo spectacle auquel participeront les médias et ses admirateurs-suiveurs-agenouillistes tel que Yan Martel. Ce spectacle voudra combler un vide. Admettons qu’il y a quelque chose de drôle au fait qu’un clown veuille combler le vide intersidéral avec un vide terrestre! Ne craignez pas qu’il épuise notre plus grande richesse, car le vide terrestre est renouvelable, à profusion.

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lundi, septembre 28, 2009

Scénario prévisible

Dernièrement, les membres du Parti Libéral, réunis à Drummondville, réfléchissaient sur la façon de rembourser les dépenses occasionnées par les mesures prises pour contrer la récession.

La télé et la radio ont rapporté quelques propos exprimés. Les membres, dont plusieurs étaient jeunes, suggéraient de taxer les cégépiens, d’augmenter les tarifs d’électricité, ce genre de chose. Pour pondre de telles idées, ils ont dû se creuser le ciboulot des semaines durant! Des analystes qualifiaient la chose de mise en scène. Faudrait envisager l’embauche d’un nouveau scénariste.

Ne percevez-vous pas un certain vide, un p’tit manque d’imagination? Qu’enseigne-t-on dans nos universités? Le pire, c’était d’entendre ces jeunes avoir hâte de payer plus de taxes pour bâtir un avenir sur de solides assises! Soyons clairs : payer pour un service c’est ok, payer pour un bien collectif c’est bien, mais nous n’en sommes plus là. Arrive un moment où le doute s’installe, une désagréable impression envahit mon esprit : celle de payer inéquitablement des taxes et des frais. L’idée de payer plus que ma part, de payer pour les autres s’enracine.

Pourtant, dans l’esprit de ces jeunes, augmenter les taxes pour des services déjà pas extraordinaires semblait banal, évident. Quelque chose cloche. Un des membres exprime l’idée du siècle : « on va augmenter la taxe sur le tabac ». Sur quelle planète vit-il? La moitié des cigarettes vendues au Québec proviennent de réserves indiennes. Ces réserves sont des endroits où l’on peut en toute impunité vendre des cigarettes non taxées. Pourquoi ne pas stopper ces ventes? Du coup, les revenus de ces taxes doubleraient sans avoir augmenté les taux d’imposition ou de taxation. Que dire aussi des paradis fiscaux, financiers et bancaires? Si ceux qui font affaire avec ces endroits payaient leur part de taxes… imaginez la chose. Personne n’a suggéré d’interdire qu’une entreprise ayant son siège social dans un paradis fiscal ne puisse faire des affaires au Canada, au Québec?

Je ne suis pas naïf. Ces gens ne fermeront pas la porte qu’ils emprunteront plus tard. Ce qui m’étonne c’est le silence des journalistes, des analystes, de l’opposition, des associations de consommateurs... etc. Nous abhorrons les changements trop bouleversants, nous n’aimons pas la chicane, nous n’avons plus Falardeau pour gueuler en notre nom. Alors que ferons-nous? La révolution? Ça ne donnerait rien et ça coûterait cher. Une révolution c’est aussi un mouvement orbital, ça tourne autour d’un axe et ça revient au point de départ.

Tout cela est du théâtre, du vaudeville, un scénario conçu pour que le spectateur devine ce qui s’en vient, pour prévenir le contribuable que dans quelques mois, il paiera plus pour un peu moins.

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mardi, août 25, 2009

Seulement sur Terre!

Des gens, beaucoup de gens, croient que nous n’avons pas été sur la Lune, que tout cela n’était que machination. Ces gens ne doutent pas que nous n’ayons pas marché sur la Lune, ils SAVENT que nous n’y sommes pas allés. Ils sont capables de vous le prouver… grâce à leurs convictions… Le coup de grâce me fut donné lorsqu’un ingénieur, quelqu’un que je croyais doté d’un esprit sain m’a avoué douter que l’on ait foulé le sol de la Lune.


Il me répéta ces conneries lues et entendues faisant allusion au drapeau qui « bougeait » ou à l’ombre projetée qui ne correspondrait pas à ce qu’elle aurait dû être comme si lui-même savait où aurait dû être projetée cette ombre! Bref, il fit étalage de tout ce qui fut dit (et maintes fois réfuté). Je ne voulais pas discuter de ces drôles d’énoncés tout comme je ne discute pas avec les Témoins de Jehova. Je voulais comprendre pourquoi un gars que je croyais doté d’un sens critique et d’une capacité de discernement pouvait tout mélanger au point et ne plus séparer l’authentique du farfelu.


Et il poursuivit :


- Tu sais, les Aztèques possédaient d’excellentes connaissances astronomiques.
– Heu… leurs connaissances étaient limitées par rapport aux nôtres, mais elles étaient excellentes pour l’époque.
– Tu sais aussi que leur calendrier prédisait « un grand changement » pour 2012 concernant l’humanité, changement qui coïncide avec d’autres prédictions au sujet d’un immense volcan à Yellowstone et bien d’autres catastrophes.
– Continue, tu m’amuses.
– Tu admettras donc qu’il y a du vrai dans les prédictions de ces Amérindiens et qui sont inscrites dans leur calendrier.
– Je n’admets rien, je ne vois aucun corolaire. Ces gens avaient, pour l’époque, de bonnes connaissances astronomiques et ça faisait d’eux d’excellents agriculteurs. Je ne vois pas en quoi de bonnes connaissances astronomiques feraient d’eux des devins, même si le parc de Yellowstone se transforme un jour en volcan.


Je reprends le boulot, un peu découragé. Cet échange m’a hanté plusieurs heures. Comment peut-on croire de telles choses, pire, les répéter? Il y a sûrement une explication. Comment mon ami M. peut-il croire ça?


Je me demande si le fait de ne pas avoir assisté à cette « course spatiale » qui eut lieu alors qu’il n’était même pas dans les testicules de son père y serait pour quelque chose. Pour plusieurs, quand on parle d’un événement ayant eut lieu avant leur naissance, tout se perd ou se confond dans un épais brouillard, celui des temps anciens d'autant plus qu'à la suite de cette période d'exploration spatiale, tout fut arrêté net pour quelques décades, peut-être plus. En fait, nous avons stoppé bien des choses, au point que bien des jeunes se demandent si quelque chose eut véritablement lieu. Comment parler d'évolutioin sociale quand aujourd'hui on voit revivre d'anciennes pratiques religieuses rappelant une certaine noirceur? Sachez jeunes amis qu'il y eut des périodes d'effervescence, des périodes où tout bougeait, contrairement à ce que l'on vit présentement.


Peut-être aussi que le fait de vivre dans un monde virtuel, un monde où tout est composé, modifié et organisé artificiellement voilerait d’un doute ce qui aurait pu se passer antérieurement. Aujourd’hui, impossible de contempler une image sans se demander si elle est réelle ou fictive, authentique ou retouchée. Il en va ainsi pour tout.


Il y a aussi ce plaisir que chacun ressent devant l’énigmatique, devant l’ésotérisme ou le complot diabolique, d’autant plus que le complot, ça existe.


On ignore ce qu’il faut croire, les connaissances ne se distinguent plus de l’imaginaire. Les connaissances diminuent, indéniablement, peut-être parce que le sens de l’analyse, le sens critique n’est plus enseigné. On croira que les Aztèques savaient prédire l’avenir grâce à l’astronomie, mais on ne sait même plus repérer l'étoile Polaire! La fiction est partout et elle empiète sur la réalité, même celle qui est toute proche, celle qui concerne vos enfants et à plus forte raison celle de vos ancêtres.


J’aurais le goût de demander à mon ami M. :


- Et la navette spatiale, existe-t-elle ou est-ce un montage?
- Sommes-nous au moins allés près de la Lune?
- Avons-nous quitté l’atmosphère?
- Et toi, existes-tu vraiment? Si oui, prouve-le moi!

Mon ami M. ne savait pas que nous (les terriens) avions envoyé des engins sur Vénus (sondes Venera) et que nous avions même quelques images. Oh, je sais, il me dira qu’elles sont fausses, mais elles existent quand même ces fausses photos!


Selon mon ami M. (et bien d’autres), l’attentat à NY fut perpétré par des juifs qui eux-mêmes auraient quitté les lieux quelques minutes avant la catastrophe, que ces tours auraient été dynamitées, car selon plusieurs, elles n’auraient pas pu s’effondrer comme elles l’ont fait.
Il existe des milliers de théories du complot (ou légendes). D'ailleurs, Michael Jackson et Elvis liront ce billet tout en se bidonnant. Reste qu’il faut une réponse à ma question.



Un vieux sage (peut-être n’était-ce qu’un vieux con) m’a donné son avis : "tu l’as dit tantôt, c’est une question de connaissance, d’instruction, d'éducation, nous souffrons de pauvreté volontaire, ça existe seulement sur Terre!"


Et vous, dites-le-moi : sommes-nous allés sur la Lune?


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vendredi, août 14, 2009

Réflexions d'un touriste

De retour d’un petit périple en Gaspésie. Pas besoin d’aller loin pour se considérer en voyage, suffit de quitter son quartier. Plus qu’un déplacement, le voyage est d’abord un état d’esprit.

J’emprunte rarement les autoroutes. Faire 100 km sur la « 20 » me semble interminable, sans valeur. Même les routes principales me déplaisent, je préfère les chemins « très secondaires », ceux qui passent au cœur des villages, en rase campagne. Mes destinations importent moins que les chemins empruntés. Ainsi, pour me rendre chez mon Daniel Boone de beau père qui habite St-Omer, il me faut trois ou quatre jours. Ceux qui mangent l’asphalte n’ont besoin que de 9 heures pour s’y rendre, pas moi. Je n’y vais pas souvent, mais à chaque fois, mes voyages ressemblent à des expéditions parsemées de découvertes. Autrefois, mes hôtes de St-Omer s’inquiétaient.

Un endroit me plaît? Je fais un stop, je marche un peu, me tape un p’tit somme, je lirai à l’ombre d’un arbre et si un gîte m’attire j’y passe la nuit. Le lendemain matin, lors du déjeuner nous discutons puis je reprends la route, jusqu’au prochain village. Aujourd’hui, ceux qui vivent à St-Omer ne s’inquiètent plus. Quand on part les visiter, ils savent que demain ne sera pas la veille de notre arrivée.

Les beaux villages m’impressionnent. Vaut mieux spécifier, car ils ne sont pas tous beaux. Je me questionne : pourquoi certains villages sont magnifiques alors que d’autres ont l’air de rien. Pourquoi, en certains lieux, chacun accorde un soin particulier à sa demeure, à son environnement tandis qu’au village voisin tout aura un air d’abandon? Pour savoir, faudrait peut-être connaitre les premiers habitants, ceux qui s’y sont installés, leur condition sociale et leur influence. Et puis, ce qui est beau pour l’un ne signifie rien pour l’autre. Les jolis villages hyper exploités commercialement ne me disent pas grand-chose non plus. Il doit y avoir une vie « naturelle », pas que des touristes.

Je ne peux m’empêcher d’établir un lien entre la qualité de vie et cette fierté environnementale. Il y a ce qui se voit et ce qui se ressent. Certains lieux inspirent et je ne saurais dire pourquoi. Il ne s’agit pas d’une illusion, car beaucoup de gens ressentiront la même chose, ça ne trompe pas. Mais en ce qui concerne les gens, faut séjourner et parler beaucoup pour les connaître un peu. Parmi les villageois, y’a des philosophes, des intellectuels, des bâtisseurs, ils sont tous humbles, pas faciles à repérer. Toujours étonné par les personnages rencontrés, par la justesse de leurs opinions sur ce qui se passe ailleurs. Ailleurs? À Montréal, dans le Monde.

Pourquoi j’écris Montréal? Parce qu’il faut admettre qu’on y trouve nombre de préjugés concernant les « régions » (sic), je m'inclus dans le lot. Les gens rencontrés le disent : « Les urbains de Montréal croient tout savoir et veulent décider pour nous ». Ils comptent pour la moitié du Québec, nous aussi! À la radio, j’entendais un animateur (Bouchard) se plaindre que tout ce qui ne s’appelait pas Montréal, s’appelait LES RÉGIONS. Il y aurait donc les Montréalais et les « gens de régions », peu importe qu’ils soient de Sherbrooke, de Gatineau, de Gaspé, de Mont-Laurier, de Baie-St-Paul ou de Ste-Marie-de-Beauce. C’est devenu habituel de parler ainsi. J’y vois quelque chose de méprisant là-dedans. Tous ceux qui n’habitent pas ce minuscule espace environnant l’Île de Montréal, on les fout dans le même sac et on appelle ça des régionaux, faudrait nuancer. Aucune population n’est homogène, l’individualité existe partout.

Où est-ce que je vais avec ce billet? Nulle part, je ne bouge plus de chez moi, pour quelques jours. Enfin, on m’a tout de même invité à La Moulerie d’Outremont. Étonnant contraste entre le décorum du resto et celui des éleveurs de moules. C’est tout juste si les moules, devenues urbaines, n’étaient pas trop indécentes de simplicité.

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samedi, juillet 25, 2009

L'affaire Shafia

Pas suivi l'affaire. On me dit qu'un jeune Afghan se comportait en maître absolu sur les femmes de son clan et qu'il tua les brebis rebelles.

Comment se surprendre que ça se passe ici? on oublie pas ses valeurs (sic) en prenant l'avion.

Qu'ai-je à dire sur le sujet?

Peut-être cette citation notée il y a quelques années (de Anthony?):

La vraie république: aux hommes leurs droits et rien de plus, aux femmes leurs droits et rien de moins.

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lundi, juin 29, 2009

Trois questions simples

Existe-t-il un mot ayant la même signification que synonyme?

Si vous apercevez un animal en voie d’extinction s’apprêtant à bouffer une plante en voie d’extinction, que faites-vous?

En nage synchronisée, si l’une des nageuses coule à pic, les autres doivent-elles suivre?

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samedi, mai 30, 2009

Drôleries...

On s’est beaucoup moqué de l’embauche de clowns visant à distraire nos vieux dans les hospices. Je sais bien que les mots « vieux » et « hospices » ne sont plus d’un usage correct. On s’en balance. Plusieurs personnes se sont dites offensées de la chose car, disaient-elles, c’est infantiliser nos vieux. Ce sont justement ces vierges offensées que je trouve risibles. C’est quoi cette manie de s’offenser au nom des autres? Et toute la galerie journalistique de suivre le troupeau. La vie nous offre trop de réactions prévisibles, ce que les clowns ne font pas, heureusement.

J’ai déjà passé quelques semaines dans un hôpital. Nous étions quatre dans notre chambre, tous plutôt amochés. Une grosse infirmière nous soignait. Elle ne faisait pas de l’embonpoint, elle était simplement grosse. Malgré son tour de taille impressionnant, elle restait la plus mobile de nous tous, ce qui lui conférait un avantage indéniable sur nous quatre. Elle était sérieuse, sévère même. Un sourire sur ses lèvres aurait fait craquer son visage. Elle aurait pu enseigner aux militaires l’art de commander. Vous voyez l’image. Dans ses meilleurs moments elle usait d’un langage trop répandu : « le p’tit monsieur n’a pas mangé tout son repas, si le p’tit monsieur ne mange pas tout je devrai le faire manger moi-même ». Le p’tit monsieur en face de moi aurait préféré manger son cabaret en plastique plutôt que de se faire enfoncer sa purée sans goût et ses légumes froids dans la gorge par la louve en costume blanc. Il voulait mourir le vieux, pas se faire torturer. Il ne parlait pas, ce qui aux yeux de l’énorme soignante en faisait un demi-humain indigne d’un minimum de respect.

Un jour, après que King Kong ait terrorisé l’étage, un morne silence régnait dans la chambre. Je me suis levé, j’ai inséré quelques oreillers dans ma robe de chambre et j’ai imité la grosse, sa démarche, hurlant des ordres par-ci par-là, brassant les malades en les menaçant de couper leur soluté, en les menaçant de les laisser dans leur merde. Mes trois compères étaient tordus de rire, même le p’tit monsieur qui ne parlait pas. Attirées par le brouhaha des infirmières sont venues, l’infirmière-chef s’est aussi pointée et je me suis mis à les engueuler. Reconnaissant l’imitation de leur consœur, elles se sont toutes esclaffées. Cela a duré dix minutes et j’ai cessé mon numéro. Le calme est revenu et j’entendais les employés de l’étage se raconter l’anecdote on riant.

Un peu plus tard, le vieux qui ne parlait pas me fit signe de m’approcher. Enfin, c’est ce que j’ai cru déceler, il ne bougeait pas beaucoup non plus. Je me suis approché et il a à peine remué les lèvres. J’ai collé mon oreille à sa bouche et j’ai clairement entendu cette phrase : « vous êtes une bonne personne, monsieur ». J’ai remonté sa couverture et il s’est endormi. Quelques jours plus tard il est mort. Cette phrase avait été sa dernière et son dernier mouvement avait été un rire. Je m’en souviendrai toujours. Une pitrerie l’avait fait rire.

Quand je pense à cette affaire concernant l’embauche de clowns, c’est à cela que je pense maintenant. Oh, je ne suis pas mieux que les autres, un doute a aussi effleuré mon esprit, je me suis demandé si ce n’était pas une façon d’esquiver nos responsabilités, celle de s’occuper dignement des malades, des vieux. Finalement je me dis ceci : un clown s’est drôle et c’est digne, ça sait être subtil et touchant alors qu’un individu qui se fout des malades solitaires, mais qui s’offusque qu’un clown aille les faire rire, c’est cynique.

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dimanche, mars 29, 2009

Je comprends rien

Prémisse :

Il y aurait une crise financière.


La cause :

Nos banquiers prêtaient de l’argent à des gens non solvables ou trop endettés. On aurait vendu ces mauvais comptes à payer (comme le papier commercial) à nos gestionnaires de fonds de retraite sans qu’ils ne sachent de quoi il s’agissait (sic!). Ces titres (oh! Surprise) perdent leur «valeur». Les bourses s’écroulent.


Les conséquences :

  • Les maisons et autres biens perdent leur valeur.
  • Ceux qui exécutaient régulièrement leurs paiements (trop élevés) voient leur propriété perdre de la valeur.
  • Plusieurs perdent leur maison en plus d’avoir une dette supplémentaire à payer (la différence entre leur hypothèque et la valeur révisée de leur maison).
  • Nous dépensons moins, des entreprises ferment.
  • Des banques font faillite (ces banques qui faisaient des profits mirobolants).
  • De gigantesques entreprises menacent de fermer, menaçant la «stabilité» de divers pays.


Les solutions :

  • Les gouvernements donnent l’argent des payeurs de taxes (incluant ceux qui ont perdu leur maison) aux banques, sans devenir propriétaire de ces dernières.
  • Des entreprises mal administrées dont les dirigeants s’octroient de généreux « bonus» reçoivent de l’argent des payeurs de taxes, incluant ceux qui ont perdu leur maison et leur emploi, sans que le gouvernement ne devienne propriétaire de ces entreprises. N’est-ce pas nationaliser les pertes et privatiser les profits?
  • On demande aux consommateurs (ces mêmes gens qui étaient trop endettés et à qui personne ne veut plus prêter) de consommer d’avantage!
  • Comme moins de gens travaillent, moins de taxes entrent dans les coffres des gouvernements.

Effets collatéraux :

  • Des entreprises bien gérées ne peuvent plus emprunter pour poursuivre leurs activités car les banques n’ont plus d’argent!
  • La vie de nombreuses familles est ruinée.
  • Nos gouvernements (c’est pas nous ça?) sombrent dans les déficits.
  • D’incommensurables dettes (c’est pas les nôtres ça?) s’accumulent.
  • Des retraités devront retourner au travail, quand il y en aura, pour survivre.
  • Les services gouvernementaux seront «rationalisés» et leur financement «revu».


Localement :

  • Notre gouvernement, celui qui a les deux mains sur le volant, remettra environ 15% des frais de rénovations si ces derniers se situent entre 15,000 et 20,000$ ! Cette mesure vise à diminuer le travail au noir ! Ce programme est vraiment généreux, efficace!
  • Notre gouvernement, celui qui a les deux mains sur le volant et avait prévu que la crise ne nous atteindrait pas, dans sa sagesse avait accumulé une réserve dans une certaine sacoche. Il fera un déficit record, verra son taux de chômage augmenter.
  • Le gouvernement fédéral et conservateur, dont la spécialité est l’économie veut favoriser l’emploi. Il congédie des centaines d’employés de Radio-Canada et fera lui aussi un important déficit.

Les responsables :

Personne!

Questions :

  • Comprenez-vous quelque chose? Pas moi, je suis certainement très stupide ou il me manque des éléments clés. Éclairez ma lanterne s.v.p.
  • Parait qu’en temps de crise, l’argent ne disparaît pas, il se concentre chez quelques chanceux. Êtes-vous un chanceux ou une chanceuse? Si oui, pourriez-vous partager votre chance s.v.p.?
  • Avant que tout ne s’écroule, ne vous demandiez-vous pas comment un individu qui faisait 80,000$ de salaire pouvait s’acheter une cabane à 400,000$? J’en connais plus d’un.
  • Quand des études américaines stipulaient qu’au Québec nous étions en déficit de centres commerciaux, quelle était votre opinion sur le sujet?
  • Pourquoi ai-je l’impression d’être un extra terrestre en vivant modestement, en empruntant au minimum et en usant au maximum ce que j’ai, en achetant que ce qui m’est nécessaire? Suis-je le responsable de cette hécatombe dans un monde qui utilise l’argent-dette?
  • Pourquoi, moi qui n’ai rien fait de mal, me sent plus que jamais comme le cochon payeur. J’ai rien fait, c’est pas moi. Pourtant, le gouvernement me dit que ma dette (on me considère comme une «famille») a augmenté d’environ 30,000$. J’ai rien signé!
  • Qu’est-ce que ça prend pour faire une révolution?

Questions secondaires :

  • Paraît que la crise va prendre fin un jour et que tout reviendra à la «normale». Avant cette crise financière, n’avions-nous pas une pléthore de crises à gérer? Obama n’avait-il pas dit : Après la crise, le monde sera différent?
  • N’étions-nous pas en crise énergétique?
  • N’avions-nous pas à nous préoccuper du réchauffement climatique?
  • La surpopulation mondiale ne devrait-elle pas faire partie de nos préoccupations?
  • N’étions-nous pas en guerre quelque part?
  • Le prix du baril de pétrole se situe aux environ de 40$. Pourquoi l’essence est-elle aussi chère que lorsque le baril était à 100$? Quand la reprise surviendra, la demande augmentera et le litre ne grimpera-t-il pas à 2$?



Commentaire niaiseux :

Aucun humoriste n’aurait osé écrire quelque chose d'aussi absurde. Y’a une maudite limite.


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